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Les Vendanges

Temps fort dans la vie de tous les vignobles, les vendanges sont aussi un moment crucial dans l'élaboration d'un vin de qualité. C'est l'une des étapes du travail viti-vinicole où les transformations dues à la modernisation sont les plus visibles. La mécanisation nuit-elle à la qualité ? Quel rôle conserve le vigneron ? .

Les titres

Un monstre venu d'outre-Atlantique
La machine à vendanger, menace ou atout pour la qualité ?
Une vendange mûre
Le ban des vendanges

La variété des vignobles français est grande. Mais il y a encore une trentaine d'années, une fois l'an, tous se ressemblaient En septembre et octobre, de la Bourgogne au Bordelais, en passant par l'Alsace ou le Languedoc, les règes résonnaient de mille bruits : pilons tassant les grappes au fond des douils ; cris, chants, discussions des joyeuses troupes de vendangeurs ; bavardages des cuisinières préparant la soupe dans d'énormes pots. .

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Un monstre venu d'outre-Atlantique

La machine à vendanger fonctionne selon un principe simple: enjambant les rangs, elle est munie de batteurs latéraux qui font tomber les raisins sur un tapis constitué de godets. Après avoir été débarrassée de la plus grande partie de ses feuilles par un ventilateur, la vendange est déposée dans une benne de transport

Abstraction faite des tracteurs, qui commençaient à remplacer chevaux, mules ou boeufs dans les années soixante, les vendanges avaient conservé leur visage d'antan.

Mais pour toutes ces troupes, qu'elles aient compté quelques cousins et amis dans les petites propriétés, ou plusieurs dizaines de coupeurs dans les grands domaines, l'heure de la fin allait bien- tôt sonner.

Au début des années soixante-dix, d'étranges engins firent leur apparition : les machines à vendanger. Nées aux États-Unis, elles ne sont que six en 1972. Huit ans plus tard, on en dénombre près de 1 500, et plus de 7 000 en 1985.

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La machine à vendanger, menace ou atout pour la qualité ?

Aujourd'hui encore, un quart de siècle après son apparition dans le vignoble français, la mécanisation des vendanges fait encore peur à certains. La qualité du vin ne souffre-t-elle pas d'un travail automatisé ? La question est d'autant plus cruciale que la transformation a touché toutes les régions, qu'elles

produisent des vins de table, de pays, d'AOVDQS ou d'AOC. C'est d'ailleurs dans l'une des plus prestigieuses de ces dernières, le Bordelais, que le phénomène a connu très tôt une extension rapide: en 1980, la Gironde était le vignoble le plus mécanisé, arrivant en tête de tous les départements avec environ trois cents machines. Il faut dire que toutes les conditions y étaient réunies: terrains plats, grains à peau épaisse se détachant facilement.

Il est incontestable qu'au tout début, vers 1971, les machines étaient loin d'offrir toutes les garanties souhaitables, surtout pour les vins blancs qui cou- raient des risques d'oxydation. Mais rapidement la technique a évolué. La violence de la tête de récolte a été réduite. Toutes les dégustations qui se sont multipliées dans les vignobles de qualité l'ont largement prouvé : l'utilisation des machines ne nuit pas à la qualité des grands vins. Elle permet même de récolter les raisins rapidement, au moment où ils ont atteint leur état de maturation optimal et où ils se trouvent dans de bonnes conditions d'hygiène.

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Une vendange mûre

La machine n'empêche pas l'homme de demeurer maître de l'essentiel, notamment du choix du moment de la vendange. Tous les vignerons le savent: la finesse et la typicité du vin reposent sur une récolte de raisins parfaitement mûrs. L'évolution de la maturation résulte de nombreux facteurs. En premier lieu, il convient de prendre en

considération les conditions météorologiques du début du printemps. Ce sont elles qui déterminent la date de départ de la végétation, qui peut varier de plus de vingt jours entre une année précoce et une année tardive. Ensuite, la durée nécessaire à la maturation est à peu près constante. Mais elle dépend toutefois des conditions climatiques de juillet à septembre.

En conséquence, même s'il en a une petite idée, le vigneron ne sait jamais avec certitude quel sera le jour idéal pour récolter ses raisins. C'est en se rendant quotidiennement dans son vignoble pour examiner les raisins qu'il va dé- terminer l'instant crucial.

Aspect extérieur, douceur sucrée, chaque vigneron a son "truc" pour jauger le raisin ; un secret de famille qui se transmet de père en fils... ou en fille aujourd'hui. À ces méthodes nées d'une observation pluriséculaire du cycle de la vigne et du vin se sont ajoutées, de nos jours, des analyses chimiques (richesse et acidité) qui apportent une plus grande garantie. Dans de nombreuses régions viticoles, les techniciens et les viticulteurs font, un mois avant les vendanges, des contrôles de maturité qui, transcrits sous forme de courbes, indiquent avec précision le meilleur moment pour cueillir.

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Le ban des vendanges

Ce souci de récolter des raisins par- venus à parfaite maturité n'est pas une attitude nouvelle. Le ban des vendanges est là pour le rappeler. Comme

l'indique son nom, qui appartient au vocabulaire féodal, l'usage de le proclamer remonte au Moyen Âge, quand le seigneur ou les jurats fixaient la date à laquelle les vignerons pouvaient commencer à récolter les raisins. L'annonce était généralement faite une semaine avant le jour fatidique. De sévères sanctions étaient prévues pour punir les contrevenants et, souvent, les autorités plaçaient des hommes en armes dans le vignoble. Le début de la cueillette était fréquemment annoncé par un roulement de tambours ou une sonnerie de cloches. Aujourd'hui, c'est par une fête, organisée par les confréries vineuses, que l'instant est solennisé. Mais, au-delà de ces manifestations folkloriques ou touristiques, le ban des vendanges est toujours une affaire sérieuse. Dans les régions d'appellation qui pratiquent l'enrichissement, l'autorisation de commencer la récolte est soumise à une décision des autorités administratives. Dans chaque départe- ment, c'est le préfet, en concertation avec les organisations professionnelles, qui détermine à quelle date les travaux peuvent commencer.

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