Le sens de l'observation et l'astuce des vignerons relayés par la recherche scientifique et les progrès de la chimie ont permis peu à peu la création d'un contre- arsenal d'armes de plus en plus efficaces voire sophistiquées : à présent, la panoplie est suffisante et permet de garantir, sauf catastrophe climatique, l'état sanitaire des raisins. Comme toujours, la riposte doit rester proportionnée à l'attaque et l'abus de traitements n'est pas sans conséquences à la fois sur la résistance éventuelle induite de certains parasites et sur une pollution toujours dommageable de l'environnement. Cette approche raison- nable - voire raisonnée - de la lutte contre les ennemis de la vigne autorise à affirmer en toute sérénité qu'il serait totalement illusoire de vouloir se passer de toute protection du vignoble: la production de bons vins et, a fortiori, de grands vins nécessite l'obtention préalable de raisins à la fois mûrs et sains. Les ennemis n'étant toujours pas décidés à se retirer du champ de bataille, tout désarmement unilatéral constituerait une erreur stratégique !